lundi 13 février 2012

Ce sera bientôt l'heure, ou quand mes aïeuls s'éteignent

Il y a 3 ans et 75 jours, mon Papam nous laissait. 2 mois et quelque après avoir appris l'existence d'un cancer généralisé, il s'est éteint, à l'âge de 83 ans et (presque) 11 mois. Ma Mamie, qui demeurait avec lui, a été placée dans une résidence pour personnes âgées de Chicoutimi, près de ma marraine, qui s'en occupe et la visite plusieurs fois par semaine depuis ces 3 années.

Jusqu'à date, Mamie allait "relativement" bien. Malgré quelques AVC et la baisse continuelle de sa vue, elle n'avait rien de particulier au niveau physique. Bien sûr, elle porte des appareils depuis fort longtemps et nos conversations sont maintenant rendues très ardues... Mais son corps semblait suivre son cours tranquillement.

Hier, elle a fait une mauvaise chute durant la nuit. Selon les nouvelles que m'envoie ma marraine, elle ne va pas très bien... Il semble qu'elle est amochée au visage et qu'elle jase avec mon grand-père en regardant le mur, elle sent le soleil chaud dans le plafond et se sent bien... Après 3 ans et 75 jours à attendre d'aller le rejoindre, Papam est venu chercher doucement ma Mamie de 90 ans et 11 mois pour qu'elle aille le rejoindre. Elle n'est pas encore partie mais... ce n'est qu'une question de temps.

***

Je n'ai pas vu mon grand-père Drolet depuis 3 ans et 70 jours, soit 1 semaine après le décès de mon Papam, le weekend de ses funérailles à Québec. Auparavant, je ne l'avais pas vu depuis 1999, suite à des circonstances éprouvantes dont je me garde de faire état ici. Il y a quelque temps, j'ai appris qu'il a une maladie dégénérative qui assèche ses poumons de jour en jour. Il est branché pour respirer et son organisme ne fournit plus afin de le maintenir correctement en vie. Il y a des jours où il ne peut même pas parler au téléphone 5 minutes tellement cela l'essouffle...

Vendredi dernier, il a été entré d'urgence à l'hôpital. Il était en train de s'étouffer. Je n'ai pas eu de nouvelles depuis mais je me doute que son heure arrivera sous peu.

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Je suis triste. Je suis triste car c'est une partie de ma vie qui s'éteint avec mes grand-parents. Je me souviens d'ailleurs qu'à la mort de mon Papam, j'ai tellement pleuré que je ne voyais plus rien avec mes paupières gonflées. Je me souviens l'avoir aperçu plusieurs fois dans ma cour arrière, en pleine nuit à l'orée du bois. Les larmes coulaient toutes seules. Je me souviens avoir pris de longues douches et me laisser l'eau couler sur le dos pendant que mes larmes coulaient sur mes joues. Aujourd'hui je suis triste mais je crois que je me dis aussi qu'il est temps et pour Mamie d'aller le rejoindre, et pour mon grand-père d'alléger ses souffrances.

Je comprends ma marraine de pleurer, de veiller Mamie, de ne pas vouloir la laisser partir et surtout de ne pas lâcher prise. Je la comprends de voir sa mère qui s'en va doucement et de vouloir se blottir dans ses bras pour qu'elle la réconforte, lui dise que tout va bien comme seule une mère peut le faire. Je comprends ma propre mère d'être tremblante, attristée, bouleversée, chamboulée. Je comprends, maintenant que je suis mère à mon tour et que j'ai déjà vécu la mort d'un proche, qu'on peut se croire infiniment grand et n'être qu'inifiniment petit. Je comprends que la vie a une fin. Et que cette fin approche pour mes aïeuls.

Je rends donc hommage à ces deux êtres ce soir. Ces deux êtres qui ont permis que la vie se poursuive et qui ont fait en sorte que des petits-enfants aient de magnifiques souvenirs d'une enfance réjouissante à leurs côtés. Ces deux êtres qui, malgré le fait qu'ils ne soient que des humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, ont donné le meilleur d'eux-mêmes, leur amour au complet et leur coeur en entier.

Je vous aimerai toujours.

1 commentaire:

  1. Beau témoignage ma belle et sois certaine que je serai avec maman et qu'elle sera confortable jusqu'au bout...on ne sait pas quand....quelques jours, quelques semaines....n'oublie jamais les beaux sourires quand tu venais la voir...n'oublie jamais que dans tous ses oublis, elle te reconnaissait...et combien elle t'aime encore. Malgré sa fracture actuelle et malgré son av elle garde encore son beau sourire quand elle me voit et me dit...ça fait du bien quand je l'embrasse...j'y trouve mon réconfort. Je t'aime xxxx

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