dimanche 11 mars 2012

Le malheur fait le bonheur

Suite aux récents événements malheureux qui se sont passés dans notre cocon familial, j'avais beaucoup de difficulté à revenir, à me remettre sur pieds mentalement plus que physiquement. Je me suis rendue compte que la mort de ma grand-mère m'avait plus affectée que je le croyais, que j'étais plus fragile émotionnellement que je le pensais suite à ce décès. Avec la perte de #3, j'ai senti un gros boulet s'abattre sur mon moral. Pendant 3 ou 4 jours, je n'ai pas été capable de me maquiller, de m'habiller, de sortir de la maison, sauf pour mes obligations. Dès que je revenais à la maison, je me recroquevillais en pyjama et je n'avais d'autre goût que de me mettre en boule dans un coin pour dormir ou pleurer.

Durant ce temps, Mathilde était beaucoup émotive elle aussi. Je ne le voyais pas tant que ça puisque j'étais moi-même affligée mais je m'en suis rendue compte quand elle est tombée en semaine de relâche vendredi le 2 mars. Nous sommes allés passer la soirée au centre d'achats pour souper, acheter un cadeau à Olivier et prendre un chocolat chaud dans la verrière au deuxième... Elle avait les yeux tristes. Elle semblait triste. Elle qui d'habitude a les yeux pétillants, ils ne brillaient pas du tout. Comme j'avais moi-même de la difficulté à sourire, je me suis dit que c'était normal, avec les événements qui étaient survenus dans les dernières semaines, et avec lesquels elle devait apprendre à vivre pour une première fois.

Ces événements furent salutaires pour notre relation.

Depuis que Mathilde est née, bébé indépendant qui désirait s'endormir uniquement dans son lit, fillette à papa qui refusait que je la berce, la colle, la peigne, l'habille... L'écart se creusait inconsciemment. Je ne sais pas si c'est comme ça pour toutes les relations mère-fille mais la mienne était très tendue, voir désagréable par moments. Cris, pleurs, tensions, chicanes, les instants d'acalmie et de tendresse étaient rares... malheureusement.

On dirait que ces événements ont fait en sorte que Mathilde a senti que j'étais triste moi aussi et inversement, et nous nous sommes rapprochées. Je lui ai lu des livres sur la tristesse et la mort pour qu'elle comprenne mieux le phénomène, nous avons écouté de la musique, pleuré ensemble, nous nous sommes enlacées pour nous consoler, je l'ai rassurée sur le fait que certaines choses n'allaient pas changer (comme le fait qu'elle aurait quand même sa chambre de Tinkerbell)... Bref j'ai pris du temps avec ma fille et elle s'est laissée faire. Depuis quelques jours, elle veut être avec moi, elle m'accompagne quand je corrige, quand je cours, elle apprécie ma compagnie. Depuis quelques jours, je lui explique des choses, je l'écoute, je l'encourage. On dirait que l'écart est en train de se rétrécir et que chacune a décidé inconsciemment de faire son bout pour améliorer l'ambiance. Est-ce que cela se peut à 6 ans et demie? Je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que mon coeur a été ouvert suite à ces tristes événements et Mathilde a saisi le jour pour s'y faire une place.

J'aimais ma fille avant. Ce n'est pas une colleuse ou une affectueuse, mais elle me rend fière, elle est intelligente, elle déborde d'énergie, elle est curieuse et vive d'esprit. Maintenant que je découvre ses intérêts plus profonds et que je prends du temps pour le passer avec elle, je l'aime encore plus. Elle ne viendra pas me voir en pleurant si elle s'est fait mal, elle ira voir son père. Mais je sais qu'elle viendra passer du temps assise à mes côtés juste pour dessiner des mandalas ou faire un bracelet de l'amitié car je suis "tranquille et ça [lui] fait du bien d'être assise à côté de [moi]" pour reprendre ses mots... ;)

On n'a pas de mode d'instructions quand on devient mère et on apprend sur le tas... J'ai toujours pensé que j'étais une mère assez ordinaire avec Mathilde mais je crois maintenant que j'ai fait un pas dans la bonne direction. Je ne peux que m'améliorer! J'ai maintenant le goût de créer des opportunités d'être avec elle et de faire des choses en sa compagnie, alors qu'avant je ne voyais que des occasions de faire de la discipline et de la réprimander. Peut-être est-ce le fait qu'elle vieillit aussi... Bref, je suis heureuse dans ces malheurs car j'ai su en tirer un côté positif...

4 commentaires:

  1. Une belle prise de conscience qui aura des répercussions à long voir à très long therme.
    Je T'aime Mamou

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  2. Oh, c'est beau ce que tu vis avec ta grande :)

    Geez, ça me prend du temps avant de réussir à comprendre ces fameux codes Google!!

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  3. Catherine Lapointe18 mars 2012 à 08:58

    Je me demande comment je fais pour réussir à taper les yeux dans l'eau... Ton texte Caro me rentre dans le cœur. Ton écriture est si sensible. Ça me parle énormément... Ouf! Je te trouve généreuse de partager. Garde précieusement ce texte pour Mathilde. Un jour, elle en aura peut-être besoin. Être maman ça vient avec une véritable introspection, je le sais! Mais être parent, ça rend meilleur.

    En passant, j'irai vous lire plus souvent les DH!!!

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