dimanche 4 mars 2012

Toute nue

Il y a de bons et de mauvais jours.

Des jours où je parle de mardi passé avec calme et où je ne sens pas les larmes monter.

D'autres, comme aujourd'hui, où dès que la pensée de mardi m'effleure, je ressens le frisson et le sanglot qui approche. De mauvais jours où un "Et toi, comment ça va?" se transforme en phrase coupée par l'émotion, en grandes respirations qui ne donnent finalement rien et qui font que je dois essuyer mes yeux durant de longues minutes.

Mercredi, alors qu'Alex roulait vers l'Abitibi pour le travail, je me sentais coupable. Coupable de ne pas avoir tout fait, de ne pas avoir assez voulu #3, de ne pas avoir mis le stress de la vie de côté pour mettre toutes les chances de mon bord. Sara est arrivée avec ses sushis et ses roses blanches pour se coller contre moi et me laisser pleurer. Une soirée pleine d'émotions qui m'a complètement épuisée mais qui a entamé un processus qui est, je m'en rends compte, totalement inconnu pour moi. Vivre sa peine, prendre du temps pour soi, pleurer et ne rien faire, difficile à comprendre et à accepter pour une superwoman. Sans prétention aucune.

Après m'être sentie poche, je me sens maintenant impuissante, toute nue, vide, solitaire.

Aujourd'hui, assise au sol dans le coin de mon bureau, pièce retirée et calme où Julie m'a accompagnée, j'ai sorti une partie du moton. Elle est restée jusqu'à la fin de mon flot de larmes du jour, jusqu'au moment où j'ai pu respirer normalement, malgré ses obligations et le temps qui passait. Elle ne m'a pas dit: "Ne te sens pas comme ça, ne dis pas cela, ne pense pas cela", elle a juste écouté, compris et fait un câlin quand c'était nécessaire.

Je crois que c'est ce qu'on peut appeler des amitiés véritables... ;)

Il y a de bons et de mauvais jours.

Des jours où je parle à ma mère d'un air détaché, où je suis quand même capable de dire comment je me sens sans vibrer intensément. Des jours où je ne verse aucune larme en discutant avec mon père, où je peux donner des nouvelles positives de la famille à ma soeur par Skype.

D'autres, comme aujourd'hui, où ma voix est coupée quand j'essaie de placer deux mots à ma mère, où j'entends mon père qui a autant de peine que moi au bout du fil ou je sens qu'il a tant pleuré lorsqu'il me fait un long câlin... Où, si ma soeur, à 600km de moi prend de mes nouvelles, je dois me tasser de la webcam pour me moucher, j'ai de la difficulté à mettre mes idées en place pour lui répondre.

Je sens beaucoup de support et d'amour dans mon petit drame personnel. Comme m'a dit ma soeur ce matin, alors que je minimisais ce qui m'arrivait: "Chaque personne vit ses drames. Tu en vis un présentement et tu as le droit de le vivre pleinement". Merci de me dire cela, même si c'est une nouvelle réalité pour moi.

2 commentaires:

  1. C'est un plaisir et c'est tellement la vérité! Je pense qu'il ne faut pas diminuer l'importance d'un sentiment. Tu as le droit et le besoin de le vivre sinon tu vas le refouler et tu le ressentira un jour... aussi ben tu suite non? Et oh t'as oublié un zéro! 6000 et ce serait plus 7000 hihi
    Je t'aime! bisous

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  2. oui, tu as le droit de vivre ton drame comme tu l'entends. C'est un deuil et tu dois prendre le temps de panser tes plaies! Gros câlins. xx

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