mardi 1 mai 2012

Humaine

Je croyais la plaie refermée. À tort.

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Hier encore, je parlais à mon ami Gilbert de la fausse couche et des événements avec un certain détachement. J'étais capable d'en parler sans avoir une seule larme au coin de l'oeil, sans ressentir la grande tristesse ressentie quelques jours et semaines après la date fatidique. Je me sentais relativement correcte avec l'événement, j'étais sur le point de clore le dossier par un geste symbolique (ceux qui me suivent régulièrement comprendront, je ne m'étends pas sur ce sujet ici...).

Ce matin, chez ma doc pour le suivi post fausse couche, j'ai craqué.

Suite à une erreur de sa secrétaire, elle ne savait pas ce que j'avais vécu et les "conseils" donnés lors de mon appel le lendemain du soir S n'ont pas été très bons... En fait, j'aurais dû me rendre à l'hôpital, même si tout s'était bien passé (entre parenthèses!) et que tout était sorti. Pourquoi? Car je suis de type O négatif, et il se peut que le foetus ait été positif, ce qui fait que mon corps a pu développer des anticorps contre tout organisme positif qui voudra se faire un nid dans mon ventre. Les chances sont minces puisque ma fausse couche s'est passée à 9 semaines et qu'il n'y a probablement pas eu de contact entre nos sangs. Olivier est O positif et comme j'avais eu le vaccin à temps, j'ai été protégée de cette réaction de mon organisme pendant environ 14 semaines. Malheureusement, la durée de vie est terminée!

Bref! Lorsque ma doc, très douce et gentille, m'a questionnée sur l'événement, ça a rouvert la brèche et j'ai compris que je n'en avais pas fini avec les larmes... Oui je suis prête à boucler la boucle mais la plaie est encore vive et elle saigne encore. Je ne pouvais arrêter le flot de larmes, c'était complètement hors de contrôle... Je n'arrêtais pas de m'excuser... Elle a été tellement compréhensive et pleine d'empathie véritable. Je la sentais sincère et vraiment désolée pour moi. Elle a tenté de me rassurer médicalement parlant, ce que j'ai apprécié car mes craintes étaient toujours là. Et elle m'a demandé comment j'allais émotivement, m'a dit de l'appeler si jamais je ne me sentais pas bien afin que nous trouvions une solution pour que j'aille mieux. Je sais qu'elle ne faisait que son travail mais c'était plus que ça, elle était... humaine.

Je déteste tellement ce terme! Tout le monde est humain! Mais aujourd'hui, c'est le mot exact. Elle n'était pas qu'un doc et je n'étais pas qu'un numéro. Elle a pris le temps de me consoler, de me rassurer, de m'interroger sur comment je me sentais. Je dois dire qu'elle est comme ça depuis le début, depuis ma première rencontre avec elle en août 2007, mais c'est aujourd'hui que j'en ai vécu l'apogée. Quelle femme.

D'ici la progression de ma guérison (surtout émotive, disons-le), je dois aller faire prendre des prises de sang pour m'assurer que tout est ok. Que si nous le désirons, un autre OU s'installera confortablement pour grandir en santé. Et surtout que mon organisme ne le rejettera pas.

4 commentaires:

  1. C'est un "dossier" effectivement dur à clore. Moi, j'ai cessée d'y penser quand j'ai eu le bébé suivant dans les bras. À partir de là, je ne suis mise à me dire que si c'était pas arrivé, je n'aurais pas à mes côtés ce petit bout d'homme pour me donner autant de fil à retordre...et d'amour!;)

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  2. C'est bien que ta peine soit sortie là-bas, avec elle. Tu étais en confiance et fallait que tu évacues cette douleur en toi.

    Bonne chance pour la suite.

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  3. oh ma belle Caro, je te fais un gros câlin, et te souhaite que les tests confirmeront que tout est ok si jamais vous décidez de poursuivre l'aventure... xx

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  4. Pour être passé par la même situation que toi entre mes deux enfants, je peux imaginer ce que tu vécu.
    Gros câlin et je te souhaite une suite heureuse :-)

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