samedi 6 octobre 2012

Nourrir son bébé, c'est beau...

25 octobre 2005, 17h30.

Je viens de mettre au monde une belle fillette de 8 lbs et 12 onces après 2h de poussée intense. Ma médecin, pressée d'aller souper, trouve que mon placenta ne se détache pas assez vite et tire sur le cordon. Résultat; hémorragie qui frôle la transfusion. Je perds la carte, je fais une chute de pression incroyable et on me drogue littéralement pour que je reprenne mes fonctions vitales. Ma fille part je ne sais où, probablement entre bonnes mains. De toute façon, je n'ai aucune idée de ce qui se passe, je n'y suis plus.

Ce n'est qu'environ 2h plus tard que je ressors de l'état dans lequel j'étais, et que je peux enfin prendre ma Pou. 2h c'est long pour un bébé (déjà) affamé qui attend le lait de sa mère. Je tente de l'allaiter, je ne dors presque pas dans les jours qui suivent... La tétrelle, le tire-lait manuel, automatique, le doigt, le fil... Bref j'essaie tout ce qui est en mon pouvoir pour lui donner mon lait, qui est très abondant, même si mademoiselle ne veut pas prendre le sein. Rien à faire, elle ne veut pas. L'infirmière à la maison, la halte-allaitement, j'ai fini par tirer mon lait avec mon tire-lait automatique acheté sur les Pacs à toutes les fois que Mathilde buvait le biberon. Aux 3h. On avait des sacs de lait à n'en plus finir dans le congélo tellement j'avais une bonne production... J'aurais pu en vendre!

Tout ça pour dire que j'ai déprimé solide quand j'ai compris que ma fille ne voudrait jamais boire au sein. Pour moi, c'était le premier échec de ma nouvelle vie de maman, j'étais poche et ma fille me rejetait. Pourtant, selon les infirmières de l'hôpital et les livres, allaiter devait être facile, toutes les femmes sont faites pour ça, c'est naturel, c'est la meilleure chose pour ton enfant, les enfants "pognent" ça de manière innée... Nourrir son bébé, c'est beau!


Moi, j'avais plutôt l'air transparente, les cheveux pas peignés, le teint cireux, les cernes jusqu'aux orteils, en t-shirt et joggings, les larmes aux yeux en train de donner des coups de pied au sol tellement j'avais mal. Quand j'ai vu cette image cette semaine, je me suis vraiment dit: "Quel mauvais coup...".

Pour Mahée, qui est une femme superbe et qui a une belle personnalité, une attitude fonceuse, un franc-parler, plus d'un talent... Mais aussi pour l'Agence de santé et de services sociaux de Montréal, qui, en voulant encourager l'allaitement, a réussi à faire reculer toute femme qui vit des difficultés dans cet acte. Rima Elkouri écrit un article délicieux sur le sujet dans la Presse aujourd'hui.

Bien que l'allaitement se soit mal passé avec Mathilde, j'en ai tiré de grandes leçons; quand Olivier est arrivé, je me suis dit que si ça ne marchait pas, que je n'allais pas tomber dans le post-partum pour autant. Tit-homme a fait ça comme s'il avait toujours fait ça, les conditions aidant (accouchement beaucoup plus facile). Je l'ai allaité aux 4h dès sa naissance et il a bu jusqu'à 5 mois, jusqu'au jour où il m'a regardé avec un grand smile et m'a repoussée. J'en ai pleuré mais j'étais heureuse de ne pas avoir vécu de stress avec ça. Je m'étais réconciliée avec l'allaitement, sans pression et sans jugement. Olivier a ensuite bu du lait maternisé et suit sa courbe autant que sa soeur... et que moi qui a jadis été nourrie uniquement au biberon.

2 commentaires:

  1. Oh, que je suis d'accord avec toi!!! Mon histoire d'allaitement ressemble pas mal à la tienne. Quand j'ai vu cette photo, j'ai eu les cheveux drette sua tête. Si il avait fallu que je vois ça en essayent d'allaiter Léane, je pense que j'aurais fait une dépression. Y a pas une maman qui va voir cette photo sans se trouver laide, grosse et incompétente. Archi nul comme coup de marketing... :-(

    Gabrielle

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  2. J'ai bcp lu sur cette histoire. En gros, je crois que le message qui voulait être passé est celuui-ci: une femme qui travaille peut allaiter son bébé (pcq on voit souvent des publicités d'allaitement de nouveaux-nés, mais moins de bébés de 6 mois et plus).
    je suis d'accord que c'est raté, reste que je crois que l'intention était bonne.
    (Mahée est retournée travailler quand sa fille avait 6 mois).

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