jeudi 12 septembre 2013

Le jugement des autres

Quand j'ai eu Mathilde, je n'avais pas d'emploi à temps plein. Je travaillais 18h semaine et je comblais ce que je pouvais avec Kin'Action. Cela ne me faisait pas un revenu très stable, ni très abondant... Je suis retournée travailler alors que la Pou avait un peu plus de 2 mois, afin de réussir à joindre les 2 bouts. Nous nous en sommes sortis, bien même! 

J'ai trouvé cela épuisant mais ce qui m'a le plus drainé était les commentaires que je recevais; "Quoi?? Tu retournes travailler tout de suite? Ça n'a pas de bon sens, tu ne verras pas ta fille grandir, c'est un tout petit bébé encore, donne-lui une chance!" et je vous passe le reste. Des jugements complètements gratuits, des réflexions justement pas trop réfléchies... mais qui m'ont blessée plus d'une fois. Et cela a même commencé même quand j'étais enceinte; je continuais de donner mes cours en conditionnement physique, je ne mangeais pas bio, je ne m'achetais pas du linge de maternité, tout était prétexte à critique.

Retourner travailler par choix ou par obligation ne regarde personne d'autre que la mère en question (et le père, s'il y a lieu!). Parfois, la vie fait en sorte que nous devons poser des gestes, faire des actions bien à contre coeur mais nécessaires, et ceux qui ne partagent pas notre quotidien ne peuvent pas savoir les raisons qui nous y poussent. Ils ne devraient pas non plus les savoir, puisque nous n'avons pas à nous justifier à eux! C'est NOTRE vie, NOS choix, NOTRE cheminement. J'ai trouvé cette image qui circulait cette semaine sur Internet:


J'ajouterais: vis 48h dans sa peau... car avec la course folle de la vie, chaque maman fait ce qui semble le mieux pour elle et les siens. Je n'ai jamais vécu autant de jugement depuis que je suis mère; l'allaitement ne fonctionnait pas avec Mathilde, c'était de ma faute. Je m'y prenais mal, je n'étais pas assez patiente, je n'avais pas tout essayé... Je ne la berçais pas (car elle préférait s'endormir dans son lit!); elle manquait d'affection, je ne la touchais pas assez, je manquais d'instinct maternel (oui, oui, je l'ai entendu!). Je lui ai donné des céréales à 4 mois et demie, j'étais folle! Je ne suivais pas les recommandations, elle était trop petite... Elle suçait son pouce, quelle honte! Pourquoi ne pas lui avoir donné la suce! Ses dents seront toutes déformées et à 5 ans elle ne sera pas capable de s'en passer à l'école... Je lui faisais prendre un cours de gym les mardi soirs; horreur! Elle se couchait trop tard, ça bousculait son biorythme... Bref, tout ça sans compter toutes les autres choses ignobles que j'ai pu faire depuis que j'ai des enfants... car évidemment, je me suis fait juger aussi à Olivier et maintenant à Rafaëlle.

La vie n'est heureusement pas faite que de gens qui ont plein de temps à perdre! J'ai eu d'excellents conseils et des amis qui m'ont réconfortée, qui n'ont juste pas posé de jugement sur ma manière d'élever mes enfants. Des gens qui m'acceptent comme je suis, avec mes défauts et mes qualités, et qui m'aident quand j'en ai besoin. Des gens qui ont d'autres préoccupations que de faire suer les autres en leur vomissant dessus (désolée pour l'image!).

À toutes celles qui en ont marre de se faire juger, je vous comprends! Partagez vos impressions et défoulez-vous dans les commentaires! :)

6 commentaires:

  1. C'est bien vrai, on reçoit/subit beaucoup de jugements!

    Pour Éliott et sa douance, c'est assez terrible; "pauvre petit pourquoi l'obligez-vous à apprendre tout ca?", "laissez-le vivre sa vie d'enfants" j'en ai tellement entendu souvent des comme ca. Douance ca veut aussi dire dans la majorité des cas hyperémotivité. J'ai eu bien des gros yeux ou des "ouin, méchant caractère, ca marcherait pas chez-nous".

    J'ai eu pas mal de commentaires sur l'allaitement aussi. J'ai allaiter trop ou pas assez longtemps. Pour no1 ca me touchait, j'ai été malade, (hospitalisée 29 jours dont 6 en soins intensifs) alors que bebe avait 2 semaines. Ca n'a pas été mon choix d'arrêter l'allaitement exclusif, je recevais durement les commentaires. Avec les 3 autres je me suis rendue compte que même en allaitant 18 mois, il y avait des gens pour me dire que jetais une mêre indigne, que 18 mois c'était si jeune et d'autres que j'avais abusée.

    Bref, on est souvent les mieux placées pour savoir ce que l'on doit faire et ce qui nous convient. Les gens commentent sans savoir. Faut apprendre à se protéger de tout ça.

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  2. Très bon billet!!!
    Il y a longtemps que je ne me laisse plus atteindre par ce que dise les autres. De toute façon peu de personne ose me le dire en face...peut-être ai-je trop l'air bête??
    Et surtout, je tente le plus possible de ne pas juger à mon tour.

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  3. On est jamais assez parfait, jamais assez à la hauteur. Je ne laisse pas la porte ouverte à ces critiques. je n'allaite pas parce que je n'aime pas ça et que je ne suis pas à l'aise... point barre. Essayer même pas de me faire changer d'idée. Et mes enfants ne sont pas plus malheureux pour autant !

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  4. J'ai appris à me défaire du jugement des autres .. j'essaye de faire passer cela à mes enfants .. Je viens de lire un article similaire chez Yeude à propos de l'allaitement .. mais je ne comprends pas ces gens qui donnent des conseis, distribuent des petites phrases à l'emporte pièce ... J'en ai eu mais je ne crois pas autant .. juste du style à la naissance du 4ème : Et le prochain c'est pour quand ??? là, j'ai eu envie d'envoyer mon point à ces gens qui en avait eu beaucoup moins que moi et qui pensait que parce-que j'en avais eu 4, je n'allais jamais m'arrêter ... ou le pire de tous .. quand j'ai fait une fausse couche entre N°2 et 3 : ma belle mère qui m'a dit que c'était certainement de ma faute car à l'époque, je prenais l'avion en France 3 fois par semaine ... (j'ai aucune chance qu'elle lise un jour ce commentaire alors c'est pour ça que je le mets ..) heureusement, que je savais quoi lui répondre ... faut se fermer à ce genre de commentaire, ne pas écouter et faire ce qu'on ressent ... au diable les jugements ...

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  5. Les jugements à l'emporte pièce, les "bons" conseils à suivre absolument sous peine d'être définitivement une mauvaise mère sont généralement donnés par des gens qui feraient mieux de balayer devant leur porte!!! Mais cela nous touche parce que justement l'on se questionne sur notre parentalité.
    Ma belle mère veuve avec 10 (!!!) enfants c'est entendue dire par sa sœur (bonjour le soutien:) que sur les 10 il y en aurai bien un pour finir en prison ou sous les ponts... Et bien, sur ses trois enfants cette frangine en a eu un qui a fait de la prison et sa fille était sans domicile fixe lors de sa première grossesse...

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