jeudi 26 décembre 2013

Brrrrrrrr

Je me réveille en pleine nuit et j'entends un sifflement. Le vent glacial qui tente d'infiltrer ma fenêtre de chambre. Je me lève pour voir la tempête sévir sur la rue; des congères se sont formées un peu partout et la déneigeuse n'est pas encore passée, ce qui laisse un scénario quasi-fantomatique en cette mi-décembre. La poudrerie virevolte ici et là, les voitures sont quasiment ensevelies, personne ne frôle le sol.

Je me rassois au bord du lit et ai un frisson. Je pense à ceux qui n'ont pas de toit. Ceux qui sont légèrement vêtus et qui tentent de trouver le sommeil dans le pas d'une porte ou caché derrière un buisson, les deux fesses dans la neige froide. Ceux qui vivent l'hiver au complet face aux vents et aux intempéries, qui n'ont personne ou nulle part. Enfants, adolescents, adultes, aînés. Varlopés de la vie, qui ont toujours été là ou qui s'y sont retrouvés malencontreusement, qu'un événement a bousculé hors du cocon douillet ou qui ont été abandonnés dès leur tout jeune âge.

La vie ne doit pas être un cadeau peu importe la température extérieure. Mais en cette nuit frigorifiante, j'imagine qu'elle est pire. Mes yeux embués ne parviendront à se refermer que plusieurs minutes plus tard, quand ma tête, embourbée d'images pénibles et tristes, décidera de fermer le moulinet pour un peu. Comme je le fais souvent durant l'année, j'irai après-demain porter des vêtements, des aliments non-périssables et des biens au centre d'action bénévole. 

Sans vivre le cauchemar de ces gens, je pourrai peut-être leur apporter un peu de réconfort.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Nous aimons vous lire! Dites-nous ce qui vous vient à l'esprit...