vendredi 21 mars 2014

Docteur clown

Samedi matin, je suis assise dans une salle communautaire et j'écoute le concours d'art oratoire du Club Optimiste. Mathilde est passée sur scène il y a quelques minutes pour lire son poème ayant pour thème "Quand je serai grande", ce qui s'est bien déroulé malgré le fait qu'elle tremblait de la tête aux pieds à son retour à mes côtés... Et qu'elle soit soulagée que ce soit fini. ;) Une belle leçon d'humilité pour ma grande, qui n'a pas gagné aux côtés de ses collègues de classe. Elle m'a dit en revenant: "J'aurais peut-être pu me forcer plus pour écrire un meilleur poème, même si je suis contente d'avoir participé, j'ai fait le minimum nécessaire. La prochaine fois, je vais m'appliquer et persévérer même si je trouve ça dur sur le coup." Je l'ai trouvée très mature de prendre conscience de cela. Elle n'a pas aimé perdre (normal, me direz-vous!) mais a surtout trouvé difficile de voir que les autres avaient fait des poèmes beaucoup plus longs, étoffés, utilisant des mots qu'elle connaît mais qu'elle refuse d'employer sous prétexte qu'elle déteste écrire. Elle a toujours eu des difficultés avec sa dextérité fine et le fait de prendre un crayon pour faire de la calligraphie ou écrire des mots de vocabulaires/phrases/textes la rebute. Bien que j'essaie de trouver toutes sortes de manières de la faire pratiquer, il reste qu'elle doit écrire tous les jours et pour elle, c'est une tâche au sens proprement dit! Combien de temps l'effet de cette participation non-récompensée tiendra-t-il? Aucune idée. Mais si le travail psychologique est instauré, c'est qu'il y a de l'espoir!

Bref!

La deuxième batch de jeunes récite un court texte sur leur plus beau souvenir. On s'entend qu'à 10-11 ans, ça tourne pas mal autour de Disney, les chats et les amies... Jusqu'à une petite qui nous annonce qu'elle a été diagnostiquée avec la fibrose kystique à la naissance et que son plus beau souvenir remonte à quand elle avait 4 ans et qu'elle avait fait la rencontre d'un Docteur Clown. Elle disait qu'elle était à l'hôpital pour plusieurs jours et qu'elle avait si peur de la madame des piqûres... jusqu'à ce qu'une tête frisée multicolore entre dans la chambre et lui fasse des singeries qui lui ont instantanément fait oublier ses tracas.

Je connaissais cette initiative que j'avais découverte en regardant le film Patch Adams il y a plusieurs années, mais je ne savais pas à quel point c'était bénéfique. Pour qu'une enfant dise que c'était son plus beau souvenir, c'est que le Docteur Clown a vraiment fait un travail remarquable... Dans la tête de cette fillette, cela éveille encore des souvenirs heureux et joyeux même dans la douleur. C'est formidable.


Pour avoir été quelques jours à Ste-Justine cet été avec Rafaëlle, je n'ose imaginer l'ennui et la tristesse des enfants et parents qui doivent y rester de longues semaines, d'interminables mois. Une telle initiative est tout à fait merveilleuse! Guérir par le rire, du moins soulager temporairement les maux de l'âme en décrochant. C'est magnifique.

2 commentaires:

  1. Le rire, c'est une source de petit bonheur. C'est un baume qui nous fait du bien. Mon père a déjà suivi des cours de ''clown''. J'ai plusieurs souvenirs de lui, dans les fêtes municipales, etc. Tous les enfants, et même les plus grands, allaient vers lui, le sourire fendu jusqu'aux oreilles et les étoiles dans les yeux. Il a voulu également entreprendre des démarches pour être Docteur Clown, mais d'autres projets se sont ouverts à lui. Dans la maison, il y a des nez de clowns qui traînent un peu partout, et dans la voiture aussi. :-) Bouette, xx

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  2. Comme les bénévoles, ils apportent beaucoup de soutien et de réconfort, tant aux petit qu'aux grands! Bravo pour ta cocotte, tout un exercice que d'oser.

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