jeudi 3 avril 2014

Déplacements

Quand j'avais l'âge de Mathilde (ou presque! Ce souvenir remonte à mes 10 ans...), je me souviens que je partais de longues heures en vélo durant la belle saison. Je me promenais, j'errais dans mon village, je m'éloignais de plusieurs kilomètres de la maison et revenais fréquemment, pour dire que j'étais toujours en vie et que j'allais bien. À part le couvre-feu et la distance maximale (qui était d'environ 2km), je n'avais pas de limite en tant de tel.

Ce weekend, Mathilde voulait aller chez une de ses amies qui reste à 1km de la maison. Cela fait plusieurs fois que nous allons la porter en voiture, et à chaque fois, on se dit qu'au printemps, elle pourrait bien y aller toute seule à pied. Mais j'ai toujours cette arrière-pensée de Cédrika qui me trotte dans la tête et je ne peux me résoudre à laisser ma grande marcher jusque chez son amie, même si elle est toute contente de le faire! Mathilde est très responsable en ce qui concerne ses déplacements; elle va où elle doit, elle ne traîne pas trop et sait qu'elle ne doit pas parler aux inconnus. 

Lorsque l'affaire Cédrika est survenue, Mathilde n'avait pas encore 2 ans, et pourtant elle s'en rappelle encore. Souvent, elle me dit lorsqu'elle va faire du vélo qu'elle ne "parlera pas à personne, surtout si c'est un monsieur dans une voiture qui veut de l'aide pour chercher son chien, comme la petite fille qui est disparue"... Elle comprend le principe! Mais cette angoisse de parent vient me chercher plus que je ne peux me l'avouer, surtout depuis que j'ai vu le film Prisoners de Denis Villeneuve. Mon doux, une chance que je n'ai pas vu ce film en plein été, les oux seraient restés cloîtrés dans la maison durant toute la belle saison!!

Bref, je ne sais pas si quand j'étais jeune il y avait moins de fous en circulation, si nos parents étaient moins paranoïaques que nous le sommes maintenant, si le voisinage était moins individualiste qu'il l'est en 2014... Je vais tenter de faire mon petit bonhomme de chemin là-dedans et de mettre un peu de côté mes peurs et donner un peu de confiance à mes enfants pour qu'ils puissent un jour voler de leurs propres ailes, sans leur transmettre cette paranoïa envahissante! J'ai la chance de demeurer dans un quartier plutôt fermé où les gens se côtoient, se saluent, se sourient, se reconnaissent en général. Profitons de cela!

Le compromis a été fait pour l'instant; l'aller en notre compagnie, l'appel avant de partir et le retour toute seule à pied. Cela nous fournit donc les infos nécessaires et me rassure. Un peu. :P

Comment gérez-vous les déplacements et balades de vos enfants dans votre quartier?

3 commentaires:

  1. Je laisse mes enfants (7 et 9 ans) aller à pied chez leurs amis qui demeurent sur notre rue. Mais + loin que ça, je vais les reconduire et les chercher. Même règle que toi; un appel en arrivant ou avant de revenir à la maison.

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  2. Statistiquement, les enlèvements et cie étaient pire dans notre temps que maintenant mais moins médiatisés.

    Ceci étant dit, j'essaie de ne pas être trop surprotectrice sur ce point mais je suis un peu comme toi, j'ai de la misère...

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  3. J'ai lu "Perdus sans la nature" et ça a changé ma vie (celle de mes enfants aussi, haha). Ça répond à plusieurs des questions que tu te poses dans ton billet. Évidemment, ce n'est pas la Bible -on prend ce qu'on veut!. Mais j'en ai pris beaucoup et ça m'a enlevé beaucoup de culpabilité.

    laetitia

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