mardi 31 mars 2015

Nouvelle adresse

Les lundi soirs depuis 12 ans maintenant, j'écoute l'Auberge du chien noir à Radio-Canada. C'est mon petit téléroman comfy qui part bien ma semaine. Alex et moi avions d'ailleurs eu l'occasion en or l'an dernier de rencontrer les comédiens lors de la 300e émission!

Toujours est-il qu'hier, après l'Auberge, c'était la dernière de Nouvelle adresse, une série que je n'ai pas suivie car j'ai une grosse journée et je vais souvent me coucher de bonne heure (je sais, je suis mémé!). Tout ce que je savais, c'étaient des bribes des premières minutes quand la télé est encore ouverte; le principal personnage joué par Macha Grenon a une récidive de son cancer, elle a 3 enfants et elle est journaliste.

Je devais travailler un peu hier soir, donc j'ai laissé la télé ouverte, trop lâche pour aller chercher la télécommande qui était à 6 pieds de moi. Premier constat: je n'ai pas travaillé. Deuxième constat, la fin de cette série a clairement réveillé quelque chose en moi car j'ai braillé ma vie pendant 45 minutes sans arrêt.

Je ne volerai pas le punch en disant que Nathalie (Macha Grenon) est décédée hier (ça se dessinait depuis plusieurs semaines). Mais la voir faire ses adieux un à un à ses enfants, à ses parents, à ses proches, tout à fait lucide de ce qui s'en venait... Pleurer de peur dans les bras de sa mère, quitter son nid vers une maison de soins palliatifs à 44 ans, devenir faible au point de ne plus pouvoir se lever...

La scène qui m'a littéralement tuée (désolée du mauvais jeu de mots), c'est quand son père lui dit qu'elle peut partir dans ce moment calme et paisible, qu'il a été si fier d'être son père, qu'il n'aurait pu demander mieux... et qu'elle s'éteint là, à cet instant. Je croyais réveiller les enfants tellement je pleurais et je gémissais. Et même en écrivant ces lignes, je ne vois plus l'écran.

J'essayais de raconter tout ça à Alex quelques heures après et j'étais prise de sanglots incontrôlables. C'est vraiment venu toucher une de mes cordes sensibles! Je pensais, bien sûr, à mon Papam, qui a combattu plusieurs jours avant de quitter ce monde. Je pensais aussi à une connaissance qui a récemment perdu son mari. Ce sentiment inexplicable d'impuissance et de désespoir, sachant que le malade sera mieux totalement délivré de sa souffrance mais devant tout de même accepter que nous ne le reverrons plus. 

Je crois que je vais reprendre cette série du début pour faire la paix avec cette fin abrupte qui m'a prise de court. Sans nécessairement revoir le dernier épisode, je crois que je pourrai mieux comprendre la portée de toutes ces discussions. Comme quoi même la fiction peut faire de notre réalité quelque chose d'encore plus tangible.

2 commentaires:

  1. Oui.... et je n'ai pas juste braillé ma vie hier Très belle série....

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  2. Oui, belle série que je n'écoutais pas au début. Le papa a dit à sa fille çe que j'ai dû dire à papa et maman pour les aider à lâcher prise. Bel épisode plein de tendresse. Je me demande comment ils vont faire la suite sans Macha.....

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