lundi 23 novembre 2015

Morphée

On dit souvent que les garçons aiment rester longtemps dans les jupes de leur mère... Nous en avons un comme ça à la maison et bien qu'il adore son père, le réconfort, il le trouve dans mes bras. Lorsqu'il se fait mal, lorsqu'il a de la peine, lorsqu'il fait un cauchemar, c'est moi qu'il vient voir systématiquement.

Pendant ma dernière grossesse, Olivier venait souvent me voir la nuit. Je crois que mon petit anxieux avait besoin de se faire rassurer et de sentir qu'il avait toujours sa place... Juste le fait de dormir près de moi le rendait de bonne humeur et je le sentais moins stressé. Depuis l'été 2013, j'ai eu droit à seulement quelques visites, j'en ai conclu que ça allait mieux.

Je l'avoue, ces visites nocturnes m'épuisent à la longue aussi. Malgré le fait que je ne me lève que quelques minutes, cela m'empêche souvent de bien me rendormir. Mon sommeil n'est plus parfait depuis nombre d'années; insomnie, difficultés à m'endormir, angoisse... Bref, en plus de ma nouvelle condition particulière, je lutte très fort pour passer le plus de nuits dans la quiétude et la récupération possible.

Depuis que j'ai commencé à prendre mes médicaments, Olivier doit sentir quelque chose car il a recommencé à faire des cauchemars et à venir me visiter 1 à 2 fois par semaine. La dernière fois, mardi dernier, il est arrivé à côté de moi et m'a caressé l'épaule... "Mamouuuuuu" Il avait rêvé qu'une tornade s'abattait sur notre maison et qu'il fallait s'enfuir dans la forêt mais celle-ci était remplie de monstres... Je me suis levée, un peu fâchée de me faire encore couper ma nuit, étourdie de me réveiller en plein sommeil profond. Je suis allée le reconduire dans son lit. Et contrairement à mon habitude, je me suis assise au bord du lit et je l'ai flatté en le réconfortant pendant plusieurs minutes.

J'étais assise là et je me suis soudainement dit que ces moments seraient bientôt rares et qu'ils me manqueraient. Oui, je suis fatiguée à l'os et le fait de me faire réveiller me brûle encore plus. Mais mon garçon, dans 3 ou 4 ans, ne voudra plus que je le colle, ne viendra plus chercher la consolation ou le soulagement vers moi. Il restera peut-être affectueux comme il l'a toujours été mais il se détachera progressivement de moi et je m'en voudrai de ne pas avoir profité plus de ces petits moments de tendresse.

Je l'ai donc endormi, comme quand il était bébé et qu'il partait dans les bras de Morphée sous la chaleur de mes câlins. Je suis allée me recoucher paisiblement, le sourire aux lèvres, et je me suis curieusement rendormie assez vite, du moins plus vite qu'à l'habitude. Je crois que j'avais fait la paix avec ma décision.

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