lundi 20 mars 2017

Sensibilité

Plus je vieillis plus je pleure pour rien.

Je me souviens qu'étant jeune, je retenais souvent mes larmes. Pourquoi? Aucune idée... J'imagine que je ne voulais pas pleurer devant x ou y personne, je ne voulais pas avoir l'air faible... Tsé l'idée qu'on a des gens qui pleurent.

Puis, vinrent mes enfants.

Toutes ces premières fois; le sourire, le gazouillis, le premier mot, le premier pas, l'entrée à la garderie, le spectacle de ballet interminable où ton enfant est sur scène 1 minute et quart, la rentrée scolaire, le bulletin, l'émerveillement... Tout ça décuplé par 3 en presque 11 ans...

Je venais viens automatiquement les yeux pleins d'eau de manière complètement involontaire et incontrôlable! Au début, je mettais ça sur le dos des hormones. Mais quand l'enfant est rendu à un an, que tu l'as seulement allaité 3 mois et que tu as repris ta taille de guêpe bourdon, il faut trouver autre chose...

Le pire dans tout ça? Depuis environ un an, ça s'est propagé à ma vie globale.

Le weekend dernier, j'ai vécu trois événements qui m'ont littéralement forcée à me rendre à la salle de bain la plus proche pour nettoyer mon visage ensevelli sous les coulisses de mascara. 

Tout d'abord, je suis allée chercher ma plus vieille à la fin de son camp de vacances. Elle était partie depuis une semaine pour y découvrir la forêt, le plein-air, d'autres gens et son soi-même. Non, je n'ai pas pleuré en la voyant! J'ai pleuré quand ils étaient tous (environ 80 personnes, incluant ma fille) en train de chanter une chanson qu'ils avaient composée pour clore le camp en toute beauté et qu'ils se sont mis à se faire une immense câlin collectif, auquel je ne participais même pas! Je me suis vite sauvée dès que j'ai pu afin d'enlever mes lunettes fumées (merci, je les avais!) et de rafraîchir ma face émotive.

Dans le même weekend, j'ai assisté au mariage de deux de mes amis et collègues de travail. Une superbe cérémonie toute en douceur et en intimité, dans un site enchanteur. Non, je n'ai pas pleuré en voyant la mariée arriver ou lors de l'échange des anneaux! J'ai pleuré quand j'ai constaté que tous mes collègues et amis étaient rassemblés pour prendre un cliché qui allait sceller le souvenir de cette merveilleuse soirée! Cette fois-ci, pas de lunettes fumées et j'ai essuyé mon maquillage prestement avant de sourire de toutes mes dents pour avoir l'air le plus naturel du monde...

Finalement, toujours dans la même fin de semaine, j'ai accompagné mon mari dans son épreuve sportive la plus intense qu'il ait faite à ce jour; 15 kilomètres de nage en eau libre. Je le suivais en kayak pour traverser le Lac Massawipi et croyez-le ou non, j'ai encore eu une vague (!) d'émotion! Non, je n'ai pas pleuré lorsqu'il est arrivé au bout et qu'il est sorti de l'eau en se faisant acclamer par l'animateur et la foule, annonçant qu'il venait d'établir un nouveau record! J'ai pleuré quand j'ai aperçu mon beau-frère, ma belle-soeur et mes neveux au bord qui hurlaient nos noms pour les tous derniers mètres... 

Chaque petit moment spécial, chaque occasion qui vient me chercher me tire instantanément les larmes et je ne peux retenir cela! Mon fils qui m'avoue qu'il trouve notre soirée cool alors qu'on est simplement évachés dans Bryant park à New York, ma mini qui court vers moi en criant "Maman!!!" alors que je reviens d'une course, mon chum qui me révèle avoir pris congé pour passer un après-midi avec moi... Tout est propice à pleurer! 

Je sais, je sais, ce n'est pas pour rien... Mais ces hormones, elles ont laissé quelque chose de vraiment bizarre dans moi!

Et vous, comment se portent vos larmes?

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